Qui a peur d’avoir peur ? (Pas moi !)

Qui a peur d’avoir peur ? (Pas moi !)

Que ce soit dans notre vie personnelle ou en affaires, nous éprouvons tous des craintes et des peurs. Cela fait partie de la nature humaine. Qu’on le veuille ou non, des fantômes viendront toujours visiter notre tête pour nous effrayer. 

Pour la majorité d’entre nous, ces trouilles ont malheureusement des effets dévastateurs et agissent comme un frein dans la réalisation de nos désirs les plus chers. Pire encore, ces créations de notre esprit nous empêchent carrément d’être qui nous sommes vraiment.

Les peurs existent pourtant pour une bonne raison : nous aider à bien prendre nos décisions. Mise en situation : vous êtes malheureux dans votre emploi actuel et désirez trouver un poste qui vous représente mieux, qui respecte vos valeurs et qui met à profit vos talents et vos qualités. Vous éprouverez des craintes et des peurs devant les efforts que vous devrez déployer pour changer votre situation. Peur d’avoir moins d’argent. Peur de perdre de bonnes conditions. Incertitude de ne pas pouvoir tout contrôler ou planifier. Ces appréhensions sont légitimes et tout à fait normales. Pour arriver à foncer et à écouter votre petite voix intérieure, il faut par contre que vous réussissiez à bien dompter ces inquiétudes. 

Combien de personnes dans votre entourage se plaignent sans cesse de leur sort, sans jamais changer quoi que ce soit dans leur vie?  Combien de gens repoussent à demain ce qu’ils pourraient faire immédiatement ? 

Et si, en 2020, vous preniez la résolution de vaincre les monstres qui hurlent entre vos deux oreilles et de commencer à vivre la vie que vous avez toujours désirée ? Petit guide en trois étapes pour vous aider à la tenir jusqu’en décembre (ou toute votre vie !).

Branchez-vous au canal Émotions

Premièrement, il est primordial de savoir ressentir ses peurs. Il est important de sentir monter le stress et l’anxiété avant qu’ils nous envahissent et causent des dommages. Arriver à nous brancher au canal Émotions n’est pas une mince affaire (surtout quand on passe ses journées en étant branchés sur un téléphone, un ordinateur, une tablette, une télévision…) Cette introspection nécessite aussi beaucoup d’entraînement et de volonté. 

La majorité des gens ne prennent pas le temps ou sont complètement incapables de savoir ce qui bouille en eux. Trop occupés pour écouter leurs émotions, ils les refoulent jusqu’à ce que le magma explose… Prenez le temps d’analyser ce qui se passe en vous. Prenez le temps de savourer vos sentiments, quels qu’ils soient, et de vous réjouir de cette merveilleuse vie intérieure !

Nommez vos sentiments

Une fois qu’on se rend compte qu’il se brasse quelque chose en nous, il est impératif de savoir nommer ce sentiment. C’est super de savoir qu’une émotion apparaît, mais si on est incapable de savoir qui elle est et d’où elle vient, on n’est pas plus avancé !

Que ce soit de la peur, de la tristesse ou de la honte, cette étape s’avère incontournable afin de bien gérer nos émotions. Elle doit être exécutée rapidement, avant que l’émotion ait le temps de sortir de notre corps sous forme de larmes, de tensions au cou, d’un mal de ventre, etc.

Les gens croient à tort qu’il est facile de bien identifier une émotion. Nous optons souvent pour la voie de la facilité en accusant l’univers ou Pierre-Jean-Jacques pour nos problèmes.  Par exemple, si vous n’avez pas obtenu la promotion que vous désiriez depuis plusieurs années, peut-être identifierez-vous votre émotion comme de la colère ou de la haine envers votre patron.  Mais pourrait-il plutôt s’agir de rejet, d’abandon, de jalousie ou de tristesse ? 

La vraie émotion est plus subtile et se passe souvent de jugement envers autrui. 

En bref, quand vous penserez en avoir attrapé une, une peur, assurez-vous qu’il s’agit bien de cette émotion.  Non pas d’une de ses cousines !

Gérez le trafic

Quand vous serez parvenus à bien identifier votre émotion, il vous sera plus facile de la contrôler. 

Voici une situation que vous avez de bonnes chances d’avoir déjà vécue. 

Vous avez passé une mauvaise journée au travail. Vous arrivez à la maison.  Vos enfants sont turbulents. Comme tous les jours. Mais aujourd’hui, vous n’arrivez pas à bien gérer la situation. Vous vous fâchez contre eux.  Est-ce que vous êtes réellement en colère contre vos enfants ? N’êtes-vous pas plutôt agacé par votre journée au travail? Si vous êtes en mesure de reconnaître la frustration en vous et que vous acceptez ce fait, il vous sera plus facile de relativiser et de passer à autre chose.

La gestion de l’émotion peut parfois se vivre en l’espace d’une seconde. Par exemple, lorsque vous vous faites couper en voiture par un autre conducteur, vous ressentez une émotion nouvelle.  Laquelle? Oui, c’est de la colère. Avez-vous raison de vous sentir fâché?  Oui! Est-ce utile de vous fâcher?  Non?  Alors, souriez et continuez votre chemin. En une fraction de seconde, votre émotion a été gérée.

En sachant identifier les émotions qui circulent en dedans de vous comme sur une autoroute, vous serez en mesure de mieux les comprendre et décider de les laisser sortir ou de les contenir. 

Je le rappelle : la réussite de ces étapes exige du temps et du contrôle de soi. Entraînez-vous en marchant. Chaque fois que vous voyez une émotion apparaître dans votre rétroviseur intérieur, accolez-lui un nom. Après quelques semaines, voire quelques jours, vous serez devenu un champion de l’émotion.  

Nous, les êtres humains, sommes habitués à tout contrôler, à tout gérer et à tout planifier.  Conditionnée par nos apprentissages, la société et nos expériences, notre tête est programmée pour nous éviter la souffrance et la douleur. En voulant notre bien immédiat, elle nous empêche par contre de prendre des décisions qui favorisent notre épanouissement à plus long terme.  

Lorsqu’on prend conscience qu’on doit opérer des changements dans notre vie, plusieurs choses se passent en nous et autour de nous. Nous écoutons trop souvent notre cerveau. Celui-ci aime semer des doutes. Es-tu certain? As-tu pensé à ci, à ça? Pour nous protéger, les gens autour de nous feront la même chose et nous mettrons des bâtons dans les roues. Au bout du compte, nous aurons une vaste collection de craintes, aussi lourdes que des boulets, qui nous empêcheront d’avancer! C’est pour cela que la majorité des gens font du surplace, sont malheureux ou vivotent.

La vraie vie commence en dehors de notre zone de contrôle.  

Pour plusieurs personnes, les pires scénarios possibles seraient de tomber malades, de perdre un être cher ou de faire faillite. Beaucoup doivent malheureusement passer par ces épreuves pour trouver le courage d’accomplir ce qu’ils désirent vraiment. Certaines personnes doivent faire faillite pour se reconstruire, doivent tomber malades pour repenser leurs choix de vie. Les échecs nous font grandir. Mais attendrez-vous qu’un drame vous arrive pour vous libérer de vos chaînes ? En gardant cela en tête, vous aurez une relation différente avec les craintes et les peurs que la société vous a inculquées depuis l’enfance.

Si vous souhaitez réellement apprendre à maîtriser vos peurs en 2020, retenez cette phrase : rien n’est plus sécurisant que l’insécurité.

Hugo Dubé

hugodube.ca

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