La vie est une grande expérience. Dans ce vaste laboratoire, nous nous soumettons constamment à des tests pratiques dans le but d’apprendre à nous connaître.

Depuis le mois de mai dernier, les circonstances ont fait en sorte que ma vie a été plus mouvementée. (Lire : très, très mouvementée.) Je suis constamment en mode expérimental. Dans la plupart des cas, ces expériences m’ont attristé, voire déçu. D’autres auraient qualifié ces événements d’échecs, mais comme j’ai un mindset positif, je préfère les voir comme une séquence intéressante. Au plus profond de moi, je suis convaincu que c’est dans l’adversité qu’on apprend le plus sur nous-mêmes. Même quand ça fait très mal sur le coup…

 

Du camping pas reposant

Si vous lisez mes blogues et me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que, depuis 2019, j’ai passé un grand coup de balai dans ma vie. Je le résumais d’ailleurs dans mon article précédent : https://www.hugodube.ca/2021/09/10/moi-je-commence-dans-la-vie-prise-2/

La dernière étape de ce ménage était de me débarrasser de ma maison et de tous mes biens superflus. Elle a été franchie. Je me suis départi de pratiquement toutes mes possessions. (Par chance, il me reste un ordinateur pour vous écrire !)

Ce processus s’est réalisé très rapidement. En deux semaines, j’avais tout liquidé. Ne sachant trop quoi faire pour me loger, j’ai décidé de passer mon été en camping, afin de me laisser le temps d’évaluer mes options, d’explorer le million de possibilités qui s’offraient à moi. Habiter dans une roulotte m’a toutefois mis à rude épreuve. L’été a été pas mal plus difficile que je l’aurais cru…

Plusieurs autres micro-expériences sont venues compliquer les choses. Je n’entrerai pas dans le détail de chacune, car ces expériences ressemblent à celles que tout le monde vit, sur des thèmes comme :

  • l’amour ;
  • la famille ;
  • le déménagement ;
  • le travail ;
  • un projet ;
  • la santé.

Pour faire court, disons que la vie ne m’a pas épargné. Selon vous, quel message veut-elle me faire comprendre en me soumettant à autant d’expériences éprouvantes ?

Quand la vie veut jaser…

À la base, lorsqu’il rencontre une épreuve (ou une expérience), notre cerveau analyse la situation et recherche un référent, une expérience du passé déjà vécue ou vécue par un proche. Une expérience qui pourrait peut-être apporter des réponses. En vain.

Ensuite, le cerveau essaie de trouver LA solution à appliquer pour éviter la souffrance. La majorité du temps, il choisit de reproduire encore et encore la même solution, nous faisant répéter sempiternellement nos anciens patterns !

Comme elle ne s’exprime pas en mots, la vie essaie de nous parler en expériences. Elle répète toujours les mêmes, augmentant l’intensité de ses paroles, jusqu’à ce qu’on comprenne. Elle peut même nous hurler aux oreilles, avec de la maladie ou un deuil, pour nous faire passer son message.

Quand nous sommes trop bornés ou sourds, alors là, elle sort le grand jeu. Elle frappe le coup ultime. Elle nous force à recommencer notre apprentissage du début, à refaire l’expérience au complet.

 

D’où vient la souffrance ?

Il n’existe pas de tournoi de souffrance, où le plus piteux monterait sur la plus haute marche du podium. Personne ne peut comparer sa souffrance à celle d’un autre. En dedans d’elle, la personne qui ne mange pas à sa faim souffre autant que le garçon qui n’a pas reçu la dernière version d’une console de jeux vidéo. C’est dur à accepter, mais c’est la réalité, parce que le deuxième n’a jamais expérimenté la famine.

Même si les situations diffèrent, la souffrance provient des mêmes sources :

  • le rejet ;
  • l’abandon ;
  • l’humiliation ;
  • la trahison ;
  • l’injustice.

Lise Bourbeau explique cela mieux que moi dans son merveilleux livre, Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même. Je vous le recommande sans hésiter : https://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=19699&def=5+blessures+qui+emp%C3%AAchent..%C3%AAtre+soi-m%C3%AAme,BOURBEAU,+LISE,2 920 932 187

Personnellement, mes blessures proviennent du rejet et de l’abandon. (Ne vous inquiétez pas pour moi, je travaille sur ce dossier. 😊)

 

Moi et mes doubles

Sans vouloir me vanter, je peux reconnaître que j’ai un pouvoir de création assez exceptionnel. J’ai monté de toutes pièces plusieurs entreprises et projets à succès. J’ai toujours la tête remplie d’idées pour créer de nouvelles choses. Cela n’est rien en comparaison du catalogue de personnages que je me suis créés tout au long de ma vie pour éviter de souffrir. Depuis 2019, je chemine dans un processus de croissance personnelle (ou de spiritualité, appelez cela comme vous le désirez !), dans le but avoué d’éliminer tous ces personnages qui cachent mon vrai moi-même ! Pour y arriver, je dois continuellement vivre en pleine conscience. Ainsi, j’arrive à savoir quel personnage désire décrocher le rôle principal et à lui couper l’herbe sous le pied.

J’ai calculé le nombre de personnages différents que j’ai interprétés au cours de ma vie. J’ai arrêté de compter à 26. Ma distribution est presqu’aussi impressionnante qu’un téléroman!

Comme je l’expliquais au début de cet article, je vis présentement des expériences difficiles, sources de tristesse et de déception. Sans vouloir tout révéler, je fais actuellement face à un dilemme important. Mon cerveau me rappelle sans cesse la solution à prendre. Mais pour prendre ma décision, est-ce que je dois rester 100 % fidèle à moi-même ou si je dois utiliser un de mes 26 personnages ? Aujourd’hui, grâce au travail d’introspection effectué depuis 2019, je sais très bien ce que je ne suis pas. Quand tu vis en pleine conscience et restes à l’écoute de qui tu es vraiment, tu sais très bien qui se passe en toi et quel personnage tu pourrais utiliser.

 

 

La vraie question, au fond, est : si je reste moi-même, est-ce que je vais souffrir ? En recourant à un de mes personnages, je serais heureux sur le coup, je le sais. (Le numéro 19 serait parfait dans la situation actuelle ! 😊) Je sais aussi que je serais déçu de moi-même et que je n’évoluerais pas dans la direction où je veux aller.

J’ai donc choisi de n’emprunter aucun personnage. Et…de souffrir.

Je le sais que, même si je souffre présentement, je libère mon passé, mes patterns récalcitrants et surtout, j’évolue ! Ce qu’on libère en pleine conscience ne revient jamais.

Maintenant, je souffre. Mais je sais que demain, je serai heureux ! Cette expérience en aura valu la peine.

 

Hugo Dubé

Coach – Conférencier

Hugodube.ca